Quant à Brissot, voici ce qu’il écrit dans son journal, le Patriote français : « Cette pièce est authentique, elle a été remise à la Commune par les commissaires du Temple. Le style entièrement contre-révolutionnaire de cette pièce est un démenti formel que Louis a donné lui-même à toutes ses démarches prétendues constitutionnelles. Si ses partisans appellent de son jugement au tribunal de l’Europe ou à celui de la postérité, nous demandons que ce testament soit la première pièce du procès. »
Tandis que je lisais ces gazettes au jardin de l’Égalité, un enfant criait et vendait : Les Crimes de Louis XVI.
Je suis sorti du jardin, le rouge au front, le désespoir au cœur, me demandant si la France était morte, la vraie France, la France de saint Louis. Je ne puis pas, je ne veux le croire. Que Brissot et Marat barbouillent leurs papiers, que Robespierre et Vergniaud débitent leurs harangues, Dieu ne permettra pas que la France périsse, tant qu’il y aura, au fond de nos sauvages campagnes et jusque dans les rues de Paris, d’humbles chrétiennes, de pauvres femmes du peuple, comme cette fruitière qui tient, au rez-de-chaussée de ma maison, une petite boutique de denrées, et qui, ce soir, au moment où je rentrais, m’a appelé, et, tirant de sa poche une feuille grossièrement imprimée : « Tenez, Monsieur, m’a-t-elle dit, voilà le Testament de Louis XVI ! »